S’il est des notions délicates à aborder de façon intrinsèque et dans le vacarme actuel au sein duquel leurs significations sont le plus souvent mal comprises, pour ne pas dire où la confusion est grande, celle du libre arbitre en fait incontestablement partie.
Avant de poursuivre cette petite étude, et afin d’éviter toute confusion possible avec les usages déviants et erronés qu’en peuvent faire les doctrines newagiennes et ésotériques, il est important de clarifier le sens à donner aux termes employés ici d’Ego, de Moi et de Soi. En vertu du fait que tout être humain est un, c’est à dire un en corps, âme et esprit, il ne s’agit nullement de prétendre qu’il en serait autrement par un effet de scission, de double ou de partitionnement, ce qui reviendrait à définir plusieurs êtres en un seul.
Tout ce qui a trait à l’amour-propre, à l’estime de soi, l’orgueil, la vanité, l’égoïsme… est à considérer comme constituant et fortifiant une sorte de carapace éloignant un individu de Dieu, de Sa vision, de Son Amour et de Sa Volonté. Le terme ego peut être entendu comme symbolisant le réservoir des effets résultant d’une direction opposée au Cœur Divin, et en lutte avec la seule autre tendance consistant au contraire à se positionner volontairement comme réceptacle des vertus et volontés Divines.
L’être humain peut apparaitre alors sur un plan comme un sinus oscillant avec plus ou moins d’amplitude autour de l’Axe Divin, et dans un volume comme un vortex plus ou moins ample.
Il est bien évident que l’esprit moderne, matérialiste, mécaniste et athée octroie aux « valeurs de l’ego » une importance, un encouragement et une publicité considérables, dont le credo infernal peut se résumer ainsi : « Faites votre propre volonté ».
Cet abandon au monde et aux sens humains est le meilleur moyen de constituer et prédisposer une âme pour la perdition et l’enfer.
A l’inverse, les valeurs de l’Amour, comme la miséricorde, la charité, le pardon, la compassion… libèrent progressivement l’âme de l’enchainement à ses propres illusions et à celles du monde. Le credo de Salut et de promesse de Vie éternelle se grave alors progressivement dans l’âme qui est : « Que la Volonté de Dieu soit faite à travers moi ».
Lorsque l’abandon à la Volonté de Dieu est total, les forces centripètes de l’égo, c'est-à-dire les « valeurs » liées à l’amour-propre disparaissent.
Enfin et par commodité, les termes ego et moi désigneront ce qui en l’être humain le pousse à faire sa propre volonté et à se rendre gloire de ses œuvres, tandis que le terme Soi inclura ce qui pousse l’homme à s’abandonner progressivement, par Amour, à la Volonté de Dieu.
Considérant que revenir en détail sur l’approche métaphysique relative aux concepts d’Unité, d’Eternité, d’Omniscience, d’Absolutisme, de Volitivité… serait fastidieux et redondant eu égard au contenu des articles présents sur ce site, le chemin le plus court sera entrepris pour parvenir à la question qui nous intéresse présentement.
Rappelons tout d’abord comme nous l’avons déjà suggéré, qu’en tant qu’Infini, Dieu est définitivement « autre » que toutes les Caractérisations inhérentes à l’effet d’engendrer le Multiple. Ainsi est-Il au-delà de Ses Attributs par Lui déterminés et de toute notion de Liberté au sens où un choix est posé, choix suggérant alors au travers d’un paradoxe peu banal une notion de contrainte qui ne peut s’entendre pour l’Infini qui s’affirme au contraire comme en étant totalement dépourvu.
Seule en effet l’Impossibilité pourrait contraindre la « Possibilité Totale », ceci n’ayant aucun sens puisque l’impossible ne fait pas partie de l’Infinité des Possibles !
Précisément, cela signifie qu’il existe « quelque chose », un Etat inconnaissable Divin positionné au-delà de la Liberté, hors de portée de la conscience humaine, aussi totale puisse être la définition portée au concept de Liberté. Cette chose, c’est la non-liberté ou si l’on peut s’exprimer par ce terme, l’ « inliberté », la négation ne signifiant pas le privatif par un retour à la contrainte - du choix ou d’une infinité de choix, ce qui n’a aucun sens sur le plan quantitatif -, mais bien un dépassement absolu de toutes les possibilités de choix, ce dernier étant transcendé par la Disposition ontologique Totale des Possibilités.
Ceci s’entend pour Dieu Infini et Un, Seigneur de toutes choses inhérentes à Lui-même ; et il n’en existe aucune autre. Se suffisant éternellement à Lui-même, ayant Sa Raison Suffisante en Lui-même, Dieu Volitif transcende la Liberté contraignante, celle-ci suggérant une ordonnance qui sera seule prise, excluant de fait toutes les autres possibilités de décision. Lors d’un choix en effet, toutes les données autres que celle choisie ne seront pas manifestées, passant pour ainsi dire aux oubliettes de l’imaginaire, devenant en quelque sorte des possibles « retirés » du plan manifestable. Or, il est entendu que toutes les Possibilités manifestables le seront, de même que toutes les Possibilités non manifestables ne le seront pas.
Et ce n’est pas parce que Dieu étant définitivement « Tout » (non restrictif ni clos mais au sens de Globalité) peut Tout, qu’Il peut faire « n’importe quoi (de Lui-même), car alors Il serait Chaos infini. C’est pourquoi Sa Manifestation, bien qu’imparfaite en tant que telle, n’en n’est pas moins conçue par Lui parfaitement selon Sa Volonté (les Lois ordonnant toutes choses).
Sur le plan humain, il en est naturellement tout autrement, en apparence du moins, et selon que l’on envisage cette question de notre point de vue particulier. Seul le Contingent peut donner l’impression d’un libre-arbitre en tant que le choix y apparaît. Illusion cela va de soi, entendu que seule la Possibilité manifestable en (son) Principe deviendra effective en manifestation.
Une illusion de choix que tous nous avons, conscience d’un choix dont le terme unique est prédéterminé de toute éternité.
Le socle entier de notre existence est carrelé de choix, jalons d’intersections incessantes dont l’une des directions seulement, et une seule en définitive, n’est possible et réalisable en manifestation. Toutes les autres directions en dehors de celle qui sera suivie ne sont qu’illusions, sinon, que reste-t-il de l’Omniscience ? Que reste-t-il de la Destinée… et de l’Infinité de Dieu ?
Dans la négative, notre monde et l’Univers ne seraient que chaos perpétuels, lieux du fracas incessants de hasards s’entrechoquant, hasards ne pouvant être, à l’évidence, puisque tout est Déterminisme de par l’Omniscience infinie et que, derrière le hasard, se cache toute l’ignorance que nous avons de la Détermination Totale en mouvement.
Pour étayer ce propos, il m’a été donné d’être informaticien de petit niveau par le passé, à une époque où l’informatique en était à ses premiers balbutiements. Un monde de rigueur et de logique à n’en pas douter, et une machine - l’ordi-nateur - qui pourrait n’être pas née de la seule pensée humaine, tant le lien entre le transistor électronique et les connaissances scientifiques de l’époque s’avèrent pour le moins indistincts. 1947 semble avoir été une année charnière. Mais c’est une autre histoire…
Qu’il soit permis ici une analogie avec ce que l’on nomme un organigramme. Car pour concevoir un logiciel informatique, du moins voici plus de vingt ans, il en fallait un, à l’instar d’un architecte qui définit les plans de la bâtisse avant l’inauguration des travaux.
La première chose à faire avant toute conception est de définir le premier choix : « Voulez-vous quitter ce programme, ou continuer ? »
Nous avons tous besoin de cette porte de sortie initiale, que ce soit en naviguant dans un programme informatique, ou que nous surfions sur la Toile Divine, Programme des programmes, ensemble indéfiniment complexe de déterminismes divins réfléchissant dans le Temps et l’Espace (pour ce qui concerne notre Univers sensible) la fixité absolue et éternelle de certaines particularités immanentes au « Corps de Dieu ».
Dans le cas contraire, on emprisonne en quelque sorte l’utilisateur dans le programme, et il ne sait plus ni où, ni comment sortir de ce labyrinthe informatique.
Ce choix est représenté par un losange à l’intérieur duquel la question (du choix) est posée, au crayon et sur papier s’entend, car pour l’utilisateur, ce sera une « boite de dialogue » qui s’ouvrira à l’écran.
L’opposition apparente entre la question du Choix et le soi-disant libre arbitre humain (mais sont-ce deux notions si différentes, et ne sont-elles pas reliées en tant que cause et conséquence ?) au Concept de l’Omniscience divine m’interrogeais de puis longtemps. J’entrepris voici quelques années un parallèle qui m’autorisa une réponse.
Parallèle entre le losange et le libre arbitre humain, d’où jaillit l’illusion du choix effectué en conséquence par notre propre volonté, celle-ci se considérant en ce cas créatrice et autonome, alors qu’en vérité, l’illusion d’un libre arbitre décisionnel nous amène irrémédiablement à opter pour la seule possibilité qui existe en principe dans notre Germe éternel, possibilité qui, par nature ou ontologiquement, n’est pas de notre fait, mais de Dieu Lui-même.
Le losange informatique symbolise la conscience d’un choix mentalisé, alors que, et la comparaison s’arrête là avec l’organigramme puisque l’ensemble des possibilités d’action proposées lors du choix informatique débouchent toutes réellement sur des actions potentiellement actives. En effet, la décision prise dans notre réalité existentielle, générant ainsi l’unique action possible, ne peut être que la seule contenue en principe, en conséquence de quoi toutes les autres possibilités entrevues lors de la prise de conscience du choix relèvent tout au plus du domaine de notre imaginaire en lequel toutes choses imaginées, bien que présentes également en principe, rien ne pouvant être extérieur à l’infinité de Dieu, découlent du domaine sensible Non Manifestable.
Dans le cas contraire, pourrions-nous légitimement affirmer que nous autres créatures serions créatrices de possibilités qui n’existent pas en Dieu ? Et encore, en admettant que cet ensemble d’actions (voies, conséquences) résultants de choix multiples et manifestables en notre réalité existent virtuellement en Lui, ne vivrions nous pas en un monde de chaos perpétuel, où toute loi, sitôt née serait abolie, où toute résonance harmonieuse, échos ou compatibilité seraient aléatoirement détruits et où, en définitive, serait irrémédiablement et en permanence anéantie (donc « in-manifestable ») la loi de Causalité, celle-là même sur laquelle s’appuie l’écoulement cohérent des contingences inhérentes à ce que nous percevons comme étant l’Espace Temps ?
De cette Incohérence, tout ceci engendrerait, en définitive, l’abolition l’Omniscience Une et Divine qui s’exerce à travers la Manifestation Perpétuelle.
De fait, la Manifestation toute entière, cohérente, régulée et orchestrée par les Lois divines, expressions de Sa Volonté, s’avérerait dans l’incapacité, toute entière, de revêtir l’Habit Existentiel.
Il découle de tout ceci que quoique nous fassions en fait, et quoique nous pensions, nous ne faisons qu’agir et penser selon la Volonté de Dieu !
Et ce, malgré qu’Il ait souhaité octroyer à la créature le pouvoir d’illusion d’agir et de penser indépendamment de Lui selon ce que nous percevons comme notre volonté propre. La « sensation » d’être, d’agir et de penser extérieurement à la Source n’apparaît alors que comme un problème de Conscience.
Est libéré des illusions et des chaines du monde celui qui a cessé, en Conscience, de croire être autre chose qu’une Possibilité Divine manifestée.
En définitive, il ne pourrait y avoir que deux façons d’entrevoir toute action, parole ou pensée consécutives à un choix dont nous serions les maîtres absolus, car nous faisons tous la volonté de Dieu, mais :
- d’une part, à la manière de ceux qui l’ignorent, illusionnés qu’ils sont par les « valeurs égotiques » et par la méconnaissance relative à ce sujet, croyant ainsi choisir et agir en conséquence de leur propre choix, donc de manifester, peuvent-ils déduire, des possibles qui n’existeraient pas en Dieu ! Certains n’ont pas manqué d’affirmer que l’homme crée Dieu… Diabolique ! Ceci fait en toute liberté, ce qui conduit à l’innocentement par un libre arbitre incompris et postulé comme un détachement ombilical d’avec Dieu, pont naturel conduisant à la notion erronée d’un Créateur détaché et spectateur, puissant ou impuissant face à sa Création ;
- d’autre part, selon ceux qui agissent en ayant conscience que, libérés des illusions égotiques d’être autonomes (dans la décision de la voie choisie) en cette conscience d’un choix, reconnaissent obéir dans tous les cas à la Volonté de Dieu à travers un acte de Foi.
Ainsi, l’équation par la Voie de l’Ignorance : conscience d’un choix (le libre arbitre incompris et subi) – présence du libre arbitre – volonté personnelle affirmée – illusion de la propriété de l’action – absence de Foi – couronnement de l‘ego.
Malgré l’illusoire conviction et les protestations de son « auteur », cette Voie obéit toujours à la Volonté de Dieu, mais éloigne le cheminant du Cœur de Dieu.
Ainsi l’équation par la Voie de la Foi et de la Connaissance : action (état d’être) de Foi – conscience du choix (le libre arbitre « égoïque » conscient et maîtrisé) – absence décisionnelle dans le libre arbitre – volonté de Dieu – connaissance de l’Origine de l’action – Salut de l’Ame.
Cette Voie, conforme à la Volonté Divine, rapproche l’homme de Foi du Cœur de Dieu.
Sans extrapoler hors de ce propos et en restant dans un cadre humain, la Vie s’affirme alors comme une prise de conscience continue de choix permanents dont les issues ne nous appartiennent pas, mais procèdent du Divin.
Comme un reflet de la Transcendance de la Liberté dont Dieu Seul bénéficie, la véritable Liberté pour l’Homme pourrait bien s’avérer d’être en Conscience, par Amour et volontairement, Serviteur de Dieu.
Au travers de la Soumission totale à Dieu, l’Homme acquiert, illustre et magnifie la notion de Liberté véritable.
En cela, l’Homme est libre, car définitivement délivré des illusions inhérentes à sa propre volonté face aux choix posés, étant donné que Dieu « voit à travers ses yeux », « parle à travers sa bouche », « agit au travers de ses actes »…
Ceci rejoint le sens profond de la Prière : « Que peut refuser Celui qui accorde à celui qui demande si Celui qui accorde est le même que Celui qui demande ? ».
Efforçons-nous d’aller un peu plus loin.
En définitive, l’on ne peut agir qu’en fonction de deux volontés : Celle de Dieu, ou celle de l’adversaire, le diable. La position de neutralité n’existe pas, n’est qu’une illusion, et une expression active de la déclaration luciférienne : la liberté.
Notre conscience d’être, « je », surfe continuellement sur les deux pentes contraires de la vague perpétuelle Divine ; soit, considéré sous l’aspect moral parfois sur la Vertu, parfois sur son inverse ou son degré d’absence relative ; soit, au niveau spirituel tantôt sur la Vérité et la Connaissance, tantôt sur le mensonge et les ténèbres de l’Ignorance ; et enfin, par Amour pour Dieu par l’abandon de notre volonté en Lui, ou au contraire par notre soumission à la tyrannie infernale de l’ego.
Nous sommes sans cesse au carrefour du choix entre d’un côté l’abandon de notre volonté, de penser, d’imaginer, d’agir, de s’approprier… et de l’autre l’attitude psychopathique, antre et germe de la folie, considérant la revendication principale de cette nature diabolique qu’est la prétention de créer la réalité.
Existe-t-il plus grande folie que de se prendre pour Dieu ?
C’est pourquoi chacune de nos prières devrait se terminer par cette pensée sincère :
« Que Ta volonté soit faite, et non la mienne ! »
Dieu n’abandonne jamais le prieur constant et persévérant.
Les attitudes de reniement, d’ignorance, de refus et haine envers le Bien, l’Amour, la Toute Puissance de Dieu, le Salut, la Vie éternelle…forment une hypostase monstrueuse des valeurs dégénératives liées à l’amour-propre, au mensonge et à l’orgueil.
Sous cet angle, la folie est partie intégrante de la démonologie. Elle en est un principe fondamental, au sens où elle est contenue : un démon est fou par nature !
La psychopathie est l’expression « humaine » de ce principe…
Le « psychopathe de nature » est un fou démoniaque ou démon incarné lui-même.
Adopter cette attitude conduit donc à devenir fou et démoniaque. C’est le cas des psychopathes d’adoption, sortes de captifs ou possédés.
Sous son angle « ordinaire », scientifique, derrière la folie apparente apparait nettement, comme une constante, la présence de l’angoisse, à des degrés divers, certes. Mais les très grandes angoisses, celles qui provoquent le vertige de l’abîme, du néant, sont littéralement effrayantes.
Il s’agit alors d’angoisses résultant d’un rétrécissement du monde extérieur insupportable, d’une amputation considérable de sa variété, de ses finesses, de sa sensibilité, bref, de ce que contient l’Amour : la Connaissance. De telles angoisses ultimes résultent d’un manque d’Amour, d’Amour des choses, et de Dieu par conséquent.
Dans cet état, il n’y a plus de lumière. Ce sont quatre murs de fer qui se resserrent qui tels des chaînes oppressent, étouffent, annihilent, et provoquent l’amnésie. Car pour perdre ainsi la conscience de ce qui fut connu, et parfois aimé, il faut en avoir eu conscience auparavant.
Face à une telle coupure du monde, faut-il s’étonner d’un disfonctionnement sociétal ?
Plus important encore, que faut-il de plus qu’aujourd’hui pour constater et admettre que notre monde actuel est gangréné par ce phénomène maléfique, pour admettre qu’il est fou et démoniaque, et est entré en putréfaction ?
Il est un fait que pour un peu de temps encore, les commandes du monde sont aujourd’hui confiées à l’adversaire et à ses dévots.
Pour s’en convaincre, il suffit d’un peu de courage et de lucidité : les événements passés et actuels parlent d’eux-mêmes.
Le démoniaque est actif en tant que tentateur, et l’homme est passif en tant que récepteur. Mais ce dernier devient actif dans l’option qui est prise.
L’Homme est un sinus temporel qui oscille autour de l’équateur éternel Divin.
Le principe du mal, mû par l’amour du « moi », l’amour-propre et son alliée la concupiscence, inclut de facto l’amour du mal. Plus précisément, l’amour de ce que l’on connait du « moi » enfante l’amour de la propriété de cet état et du pouvoir qui lui est inhérent. Enfin, l’illusion induite par les ténèbres de l’ignorance de la Vérité mène à l’amour malsain de la séparation avec Dieu.
Les Saintes et les Saints ont toujours procédé à l’inverse de ce schéma de perdition. La Sainteté véritable s’acquiert par un acte d’abandon total et volontaire en la Volonté de Dieu.
Plus vertueux encore, l’Amour du Christ et de sa Passion peut engendrer la stigmatisation. Manifestation tangible dans le corps qui relaye et incarne « l’Acte qui Sauve », le stigmate apparait alors comme une manifestation, une « preuve » par sa tangibilité, une expression de la fusion d’une âme dans l’Amour Christique, ou de l’Amour fusionnel qui unit une âme au Sacrifice rédempteur de Dieu le Verbe incarné.
A l’inverse, le principe du Mal incite à l’amour fusionnel avec notre « moi », avec nous-mêmes : l’homme - dieu ! Cette quête au plus profond des ténèbres est mère de toutes les barbaries, et s’érige comme principe essentiel des doctrines New-Age. Or, nous savons à quel point ces pseudo doctrines mensongères sont les gênes de la future « religion » mondiale : la « religion » du Mal dont l’artisan est le diable !
La lumière qu’il promet est celle l’appropriation de qui appartient seulement à Dieu. Il s’agit donc d’un vol, du vol de ce qui est à Dieu. C’est pourquoi le Christ nomme l’Adversaire le Larron.
Ainsi, le premier péché de l’Homme, le péché adamique, est l’appropriation de la Connaissance. L’Amour véritable ne s’approprie pas, mais toujours se reçoit, se subit. Dieu « protège ainsi sa Nature Primordiale », l’Amour infini.
Et l’Amour contient la Connaissance. Il est le Précédent ultime, Alpha de tous les omégas, de Qui tout est enfanté et qui n’est enfanté par rien.
Lorsque l’amour est entré dans sa phase ultime, l’Amour pour Dieu, Grâces et Connaissance sont octroyées de surcroit.
A l’inverse, l’abandon dans l’Amour du « moi » conduit à la servilité aux valeurs diaboliques de l’amour-propre et projette la conscience dans l’illusoire absolutisation du « moi ».
Plus un monde comprendra d’éléments de cette nature, quels qu’en soient le degré et le domaine, plus les fruits du mal seront tangibles, « matérialisés », « charnels », sensibles, visibles…
Pire, car aboutissement inéluctable d’une telle tendance, l’homme et son environnement font alors office de générateurs-relais du mal.
Une fois que tous les domaines inhérents à l’Homme seront affectés par l’inversion de toutes les Vertus, apparaitra, tel un Golem, l’Homme de Péché : l’antichrist.
Il sera aimé des deux tiers, car ceux-là aimeront le Mal.
Alors qu’à l’origine de l’Humanité le Paradis incarnait l’Amour pour Dieu par l’ignorance de l’amour-propre et de la concupiscence, la Fin des Temps est caractérisée par une dévotion à l’estime de soi, à l’amour des hommes pour eux-mêmes par l’abandon de leur volonté dans les illusions maléfiques des valeurs mondaines et de l’ego absolutisé. Nous pouvons parler alors d’amputation du « souvenir » de Dieu.
Ainsi, apparaitra l’ultime degré d’illusion possible : l’adoration d’un autre « dieu » que Dieu !
L’antichrist dont la pensée a dors et déjà envahi ce monde sera adoré, et à travers lui seront normalisés et adorés le mensonge, les vices et les péchés de toutes sortes. Synthétisés et « unifiés » en lui, tous les degrés possibles d’illusions humaines se manifesteront à travers ses dévots. Il sera connecté à ses serviteurs, à ses esclaves.
Vampire suprême, il se saoulera de leur sang impur après les avoir nourrit de son souffle fétide, en une communion satanique exprimée dans la liesse et la frénésie de la foule des despotes amoureux des vices, des facilités, des plaisirs, des concessions, du mensonge, du bien-être… par amour d’eux-mêmes.
L’épreuve est redoutable, alors que l’un des plus terribles vices est l’oreiller qui adoucit les nuits.
Face à de telles constatations, nous ne pouvons que déduire et conclure que la seule Voie qui mène au Salut passe par l’Amour et la Connaissance progressifs et sans fin de Dieu. Cet acte de Foi et de Confiance en Dieu se traduira progressivement alors par l’abandon total en Sa Volonté.
Faire la volonté de Dieu est la seule Liberté salvatrice de l’Homme. Toute autre expression de liberté tend vers la perdition.
La prière constante et sincère « permet » à Dieu, Le conduit à nous tenir par la main de l’âme, et si telle est Sa Volonté, de nous guider vers cet Etat de Sainteté.
Quelle magnificence que cet Etat, dont les souffrances indicibles sont toutes acceptées par la transcendance des Grâces Divines et de l’Amour que Dieu octroie à Son Serviteur.
La Passion du Christ en fut la parfaite manifestation humaine… car Divine dans sa perfection et sa nature.
Mercure