Mardi 20 mai 2008

Cela pourrait prêter à sourire si ce n’était pas empreint de gravité.

 

Certes, les analystes économico-financiers font leur travail, mais ils ne se rendent pas compte de ce que un seul et misérable siècle d’économie peut bien représenter au regard de l’Histoire, et pas seulement au regard étroit et borné, pour ne pas dire accidentel, de l’historiette ultramoderne contemporaine.

En outre, ils ne peuvent échapper pour la plupart au réflexe consumériste ambiant, car c’est dans ce bouillon d’inculture qu’ils furent « élevés ».

 

Cet élevage, tous, quelques soient nos aspirations et nos connaissances, nous le subissons peu ou prou. Bien que ce soit le socle de survivance corporelle sur lequel gisent nos pas les plus rudes et les plus instinctifs, les Veilleurs se doivent de persévérer dans le bien-fondé et la légitimité de leur élévation au-dessus de la mêlée d’incompréhension qui caractérise la majorité de leurs semblables.

 

Il n’est pas question d’auto conviction que tout serait saisi et compris, et par orgueil, qu’un tel privilège projetterait au-delà de périls qui guettent l’Ensemble. Les Veilleurs ne sont pas appelés à contempler, sourire en coin, la misère du monde s’échafauder en Holocauste progressif. Ils sont appelés à se détourner de certaines affres et sources menant inéluctablement à la souffrance… et pire encore, lorsque « l’après » prendra le relais… où la Miséricorde de Dieu aura déserté les rêves.

 

En un mot, il est demandé à celles et ceux qui aspirent à la « Veillée » de s’extraire sans remords de la foule claudicante qui, illusionnée ou désillusionnée, suit malgré tout aveuglément les rails de l’Abattoir.

Ceux-là qui s’y entrechoquent ont une idée du Berger qui leur est singulière. Ceux qui veillent sont-ils « d’instinct » attirés par ces bergers qui vont et disparaissent, ces illusionnistes de la félicité, ces faiseurs de promesses intenables ; ceux-là pour lesquels le bâton est un fusil, et le sourire est une morsure de vampires ?

Le procédé de distinction est ontologique. Réactions et événements deviennent Destinée là où, pour la plupart, il est question de soumission à l’ordre et à la loi de l’homme… comme un Islam à rebours.

 

S’il était convenable d’imaginer que l’Economie puisse être une religion, ce qui est le cas pour beaucoup, la soumission aurait un sens, indépendamment des injustices et des souffrances qu’elle est susceptible d’engendrer lorsqu’elle se pare de tous les vices inhérents à l’esprit de compétition. Cupidité sans bornes, avidité, prédation, égoïsme forcené… forment alors les règles d’un jeu ô combien malsain, en lequel la Force est centripète. Alors, cette Force ne rayonne pas, mais broie.

 

Dans un tel esprit, la lutte peut bien commencer dès la naissance, où le nourrisson luttera à mort contre son égal pour la conquête d’un sein. Qui pourrait alors nous convaincre que le meurtre du voisin pour un quignon de pain n’est pas légitime ? Comment en vouloir aux puissants d’écraser les faibles, comment exclure et condamner en un tel système, en pensée ou par de pseudo lois, famine et mendicité ?

 

Se mentant à lui-même, un tel système sombre inévitablement dans l’hypocrisie la plus grotesque et la corruption la plus dévastatrice.

Beaucoup qui se plaignent et redoutent aujourd’hui se sont vautrés avec complaisance dans la fange de l’illusion du progrès matériel indéfini.

Qu’ont les Veilleurs à leur offrir au moment où la Matrice dévore ses petits ? Une remise en question aussi profonde et choquante qu’un cauchemar : la Soumission à la Volonté d’un Dieu dont ils se sont passés jusque-là ?

Et qui n’est pas d’argent…

 

Point besoin de longue méditation pour se convaincre qu’une telle entreprise est hors de propos sur le plan collectif.

Individuellement ? Prenant en compte qu’une collectivité est la somme des individualités qui la compose, que faire là-aussi alors que la majorité des individus est constituée harmonieusement avec le système qu’elle a érigé ?

Dit autrement, l’homo modernus est ontologiquement harmonieux avec la monstruosité qu’il a lui-même créé. Et ce, dès le début ! C'est-à-dire qu’il ne peut se plaindre, de droit, de la nature destructrice de sa création, ce qu’il ne fait pas, mais des tourments « imprévus » qu’elle lui impose en retour. L’homme d’aujourd’hui ne pleure pas les méfaits du dieu monnaie, mais, par le manque, il se plaint au contraire de ne plus en jouir ni en posséder suffisamment !

Si bien qu’on assiste non pas à la condamnation générale d’une telle dévotion, mais bien aux gesticulations macabres de pauvres erres en quête de plus d’attention de la part du Veau d’Or !

 

Chemin faisant, par la Grâce du Vrai Dieu, s’établit progressivement sous les yeux des Veilleurs et sous les pas des égarés de nature le temple antichristique, en lequel l’Inversé, par des tours de magie financière qui déjà s’impatientent dans les cartons, aura beau jeu de justifier son rôle en rétablissant le règne du dieu monnaie, pour le plus grand bonheur des incorruptibles de la déviance.

 

C’est ainsi que les serviteurs zélés de la bête testent d’ors et déjà la fidélité et l’allégeance de tous au pouvoir de l’argent. Dans le même temps, les Serviteurs de l’Agneau et les appelés à devenir tels, ne doivent pas céder à la peur de manquer d’une telle « espèce ».

 

Il y va de la Foi, de la Compassion pour tous, surtout pour les égarés, et de la Connaissance.

 

Mercure

 

Par Mercure
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus