Amour
« Les paroles qui résultent des cœurs unis sont odorantes comme des parfums. »
Confucius
L’Alter ego véritable dit : « Amour humain et Amour Divin, je me demande parfois si l'un n'empêche pas l'Autre ! A moins qu'un beau jour, ils ne se fondent... »
Soyons des cellules dignes et reconnaissantes d’appartenir au Corps divin.
Jouissons grâce à l’ego de notre conscience participative, car c’est de cette façon que Dieu souhaite au travers de Sa Manifestation perpétuelle nous prodiguer certains aspects de Son infinité. Par Amour de Lui, le Soi se sert de l’ego comme d’un tremplin. Par amour de Soi, l’ego retourne à sa source par l’anéantissement.
Dit autrement, jouissons grâce à l’amour humain de notre conscience participative à l’Amour divin ou universel, car c'est de cette façon que Dieu souhaite au travers de Sa Manifestation perpétuelle prodiguer certains aspects de Son Amour Infini. Par amour de Lui, l’Amour divin invite deux êtres unis dans l’amour humain à Le révéler. Par amour de l’Amour divin, deux êtres, par la grâce de l’amour humain, retournent à leur source par la réalisation totale de l’Amour (universel) qu’ils contiennent (fusion en l’Amour divin).
Bourgeons d’une même graine, nous sommes liés par le tronc, comme l’Amour est le liant du Monde
C’est ainsi que de la Communion entre deux cœurs harmonieux peuvent se fondre Amour divin et amour humain, faisant que « la fontaine déborde… »
Qu’existe-t-il en définitive de plus important que l’Amour ? Rien ! Absolument rien !
Quêtes et Connaissances dépourvues d’Amour ne sont que feuilles mortes (Ibn Arabi).
Car l’Amour contient toutes Connaissances, tandis que l’amour entre deux êtres en formule l’expression, comme un visage particulier de Celui qui n’en a pas, car indéfinissable en tant que Visage défini pour tout regard autre que le Sien.
Et Dieu les possède tous.
S’il en était autrement, et en dehors d’apartés malheureuses et autres cas particuliers que nous n’aborderons pas, l’Humanité aurait-elle été perpétuée par la Descendance ?...
Descendance qui n’est autre que Connaissance Divine manifestée sous la forme de Possibilités revêtant corps humains.
Dieu projette à travers l’amour qui unit deux êtres un (de Ses) visage particulier de l’infinité (de Visages) qu’Il contient, de la même façon que l’Amour Universel est synthèse de l’indéfinité des formes extériorisées de Son Amour, Amour que manifeste le Corps Universel, tel un reflet instantané et permanent de Son Visage.
Car en vérité, il n’y que Lui qui puisse Se contempler en Son Infinité.
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Voyant poindre la mort : « Comment puis-je souffrir d’imaginer la douleur de ceux qui m’aiment autrement que par amour de moi-même ? »
Ici, se révèle en la créature le reflet manifesté de l’Amour que Dieu a pour Lui-même, autre façon d’affirmer qu’il faut d’abord s’aimer pour aimer les autres.
Le sentiment d’amour périt aussi bien qu’il naît, s’amoindrit aussi bien qu’il s’accroît. L’Amour, en revanche, est un état d’être, non pas seulement un sentiment. Comme le mal face au Bien, tout sentiment amoureux est une dégradation et une altération de l’Amour Inconditionné, ce qui n’ôte rien de ses vertus et ne doit pas masquer le fait qu’il s’abreuve à cette Source éternelle. L’homme finit presque toujours par reconnaître ce qui est illusoire. Nous ne pouvons indéfiniment nous aimer nous-mêmes, c'est-à-dire n’aimer que le moi ou l’ego, car enlevons la part - de Conscience - de Dieu, le Soi, d’une chose ou d’une créature et il n’en reste rien, comme tout nombre est anéanti lorsqu’on lui retranche l’unité.
On ne peut donc aimer de façon permanente que « notre » Soi en vérité. N’aimer que ce qui est contingent à l’ego revient à s’illusionner dans la durée. L’Amour étant la source du bonheur, nous ne pouvons jouir d’un bonheur durable qu’en Dieu, et non seulement parmi les hommes, c’est à dire avec eux et sans Lui. Nous reconnaissons donc n’aimer que ce qu’il y a de Lui en nous, donc ce qui au-delà de nous est Lui en nous, de même que nous ne pouvons aimer chez les autres que la part de Dieu qu’ils contiennent. Ainsi nous concéderons également ne pouvoir aimer chez les autres que la part de Dieu que nous détenons tel un inestimable Trésor, le seul d’ailleurs, partant du principe que nous ne pouvons voir de Dieu chez les autres que ce que nous En manifestons et En avons Conscience par nous-mêmes.
Lui seul peut nous éclairer sur Sa présence en l’autre. Ce que nous ne contenons pas de Lui, nous ne pouvons Le voir chez l’autre. C’est pourquoi ce que nous aimons chez autrui est ce que nous aimons par-delà l’illusion du « je », c'est-à-dire (nous aimons) ce que nous connaissons de notre Soi, notre part de Dieu, à un instant donné. Comprenons alors notre incapacité à aimer durablement les autres en tant qu’egos, mais seulement ce qui, en eux, nous est accessible de Dieu, donc que nous « possédons » aussi de Lui, ce que de Lui nous sommes investis.
Alors sonne Résonance !
Ainsi n’aimons-nous réellement que notre Soi dans le miroir de l’amant en croyant l’aimer pour lui-même.
Ainsi n’aimons-nous réellement que notre Soi dans le miroir de l’amante en croyant l’aimer pour elle-même.
Ainsi n’aimons-nous réellement que Dieu lorsque nous croyons aimer Dieu et nous-mêmes.
Tout homme a le choix : aimer son moi ou aimer le Soi. Le premier cas conduit à la chute par l’égarement au sein des méandres illusoires de l’ego, et, par voie de conséquence, à l’isolement au travers d’une désespérante solitude.
L’alter ego : « Quand l'être réfute sa connexion à sa divinité, en se coupant de toute énergie vivante, vibrante et créatrice que la vie peut lui offrir, alors il ne faut pas s'attendre à des miracles ; car là où la conscience n'a pas fait le travail, les forces involutives entrent en action ! ».
Le Monde : « Ne manqué-je point d’Amour ? »
L’autre choix conduit à l’élévation par l’Amour de la Connaissance progressive et sans fin de la nature de la Présence divine en toutes choses. Le premier cas rend aveugle par l’ignorance, le second cas rend clairvoyant par la révélation ascendante, ou Intuition Intellectuelle. La clairvoyance ne provient pas du moi mais du Soi, car elle est don de Dieu, théophanie, descente de Vérités divines sur l’Homme alors éclairé, éveillé et sur sa voie de purification.
Ainsi, l’expérience de l’état d’Amour s’apparente à un état d’être synthétique – conscience par esprit de Synthèse - et participatif de tout ce qui apparaît autre, et témoigne en cela du passage de l’Individuel à l’Universel. L’autre, justement, s’amenuise proportionnellement à l’intensité de l’Amour éprouvé. Il devient nous, et nous devenons l’autre. Et l’autre est toute chose, arbre, animal, enfant du bout du monde, être aimé. Nous sommes ce que nous connaissons… Et l’Amour transcende et contient tous les sentiments amoureux qui permettent d’y accéder.
Tournant le dos à nos « miroirs » apparaît l’obscur.
« Qui n’a ni Dieu ni maître a Satan pour maître ! »
N’existe-t-il pas en définitive que deux sortes d’êtres humains : ceux qui ont la Foi, et ceux qui ne l’ont pas ?
L’Humanisme : « N’encouragé-je point le culte des egos ? N’invité-je point les hommes à s’honorer et s’adorer comme dieux ? »
Toute chose existentielle reflète et renvoie selon sa nature et ses attributs propres sa Lumière de Dieu reçue par Nécessité ontologique, et c’est ainsi que de l’aveuglant au sombre, l’Univers lui-même est le miroir de tout l’éventail qualitatif du Manifestable.
L’Amour est plus qu’inévitable, il est Nécessité absolue. Avec Compassion et Miséricorde comme Associées, il apparaît et disparaît, croît et décroît, moteur et Justification de la Manifestation perpétuelle.
L’Amour Divin octroie et dévoile le sens de toute Connaissance, et s’impose comme Loi dans les rapports qu’entretiennent Dieu et les créatures. Ainsi, en fusionnant avec sa part de Dieu, le Soi, « notre » Soi, l’Amant, Serviteur parfait, n’est plus.
En Sa Manifestation, Dieu Se voile aux yeux des créatures. Par la Transcendance, les créatures recouvrent la vue, et voient à nouveau leur part de Dieu sans jamais pouvoir Le contempler en Son infinité.
Le Monde : « Certes, je souffre de manquer d’Amour, de Compassion et de Miséricorde. Aussi je ne m’étonne point de périr ! »
Plus le dos tourné à leurs miroirs les êtres se détournent de Dieu, plus ils ne perçoivent du monde qu’un spectacle désolant de souffrance, d’angoisse et de solitude, Parricide suprême, géniteur d’un athéisme d’autant plus dur à détrôner qu’il est sans cesse renforcé par la vision d’un monde en désintégration, et, par les limites inhérentes à la raison reine.
Le monde extérieur est le reflet de notre monde intérieur.
En tant que Vertu justifiant toute Manifestation – de Dieu à Lui-même -, l’Amour est la condition nécessaire au maintien de l’Unité – de toutes choses - en Dieu et par Dieu.
D’où le Commandement : « Aimez-vous les uns les autres ! », car en ce cas, chacun voit sa part de Dieu en l’autre comme en toutes choses, tandis que Dieu, en Synthèse, Se voit en Sa Lumière dans Sa Totalité Manifestée.
Dieu est Lumière absolue, et selon Sa Volonté, Dieu est aussi retrait, voile de Sa Lumière absolue, et ainsi Ténèbres.
C’est ici qu’apparaît la Science des Contraires, que voile l’Unité absolue.
Il en est ainsi notamment lorsqu’Il Se retire en tant que Compassion, Miséricorde et Amour.
Du retrait de ces Vertus Archétypes, et lorsque ce dernier semble être pour ainsi dire total, apparaît la Géhenne.
Notre monde se désagrège et file droit vers un indescriptible chaos et à sa fin définitive pour manquer de cet Amour.
Pour n’avoir pas su retenir la Miséricorde divine.
Pour être ainsi devenu progressivement un enfer.
Pour n’être plus gouverné que par la haine, la cruauté, la vanité, l’orgueil, l’irrespect, l’ignorance des choses de Dieu, la vulgarité, la bêtise, le péché au quotidien, l’indifférence, le mensonge, l’hypocrisie, la corruption, l’esprit d’intrigue, de manipulation et de complot, le matérialisme… et par dessus tout, par sa conséquence logique, l’athéisme mortel, sous couvert de laïcité diabolique !
Le manque de Foi est aussi un facteur majeur de la perdition actuelle.
Foi, Connaissance issue d’un Don octroyé par Dieu à la créature méritante.
Foi, Acte d’Amour réciproque entre Dieu et certains de Ses Serviteurs pécheurs.
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Etoiles d’un même firmament, toute chose, quelle qu’elle soit, brille avec plus ou moins d’éclat.
Certaines sont ternes, obscures, d’autres lumineuses, intenses. Car de même que la Lune renvoie la lumière du Soleil selon un rayonnement inhérent à sa constitution, toute chose reflète la Lumière de Dieu selon une nature spirituellement singulière. Ainsi exposés en permanence à Son Illumination, nous Le réfléchissons plus ou moins fidèlement et intensément, en fonction de la nature des impuretés voilant et déformant la Flamme divine qui scintille au cœur de nos Esprits.
La Lune : « Par les Vérités qu’Allah m’a confiées, je rayonne comme un Savant. »
Le Dévot : « Certes, en cela tu m’es supérieure, sauf si ta démarche est dépourvue d’Amour. »
Jésus, incarnation temporelle de l’état Christique éternel, Christ, dont on peut être certain qu’avant qu’Adam soit (le Germe de notre Humanité, réservoir de toutes les âmes), il est, fut au milieu des hommes l’expression vivante du Verbe divin, et rayonne encore en réchauffant les cœurs repentants de ses rayons spirituels. Verbe manifestateur - Sois ! Kun ou Khun - incarné, Jésus fut plus que prophète, il fut la Prophétie. Il incarna plus que la Lettre, il en révéla l’Esprit, et ce que Jésus fut, le Christ l’est.
Tout entre en la Manifestation par le Verbe Christique. Et tout en sort également.
Nettoyer le miroir que nous sommes, le polir afin de refléter fidèlement ce que nous manifestons de part divine, tout cela signifie aimer Dieu, Y penser, se repentir, Le chercher en Soi et Le découvrir en ce monde, faire et respecter Sa volonté par amour de Lui. On ne peut avoir soif de Dieu qu’en L’aimant, et on ne peut L’aimer que si on Le re-connaît en nous-mêmes, c'est-à-dire en l’infime partie de Dieu que, comme toute chose, nous sommes.
Plus nous Le connaissons, plus on L’aime, jusqu’à L’adorer et Le voir partout. C’est cela aussi constater et reconnaître Son Omniprésence.
Il va de soi que Dieu Seul est Savant sur Lui-même.
Les créatures détournées de Dieu ne voient Son image ni dans leurs propres miroirs ni dans celui des autres. On ne peut aimer (avec constance) que ce qui est de Dieu car Il est omniprésent. Ainsi, ne voyant pas Dieu dans l’autre, naît l’incapacité à aimer ce dernier de façon constante et durable, et au fond, l’on n’aime véritablement ni l’Un ni l’autre. Alors, sous l’empire des egos, l’Amour peut déserter progressivement un monde, le conduisant irrémédiablement à sa perte.
L’Enfer : « Anéantis-moi Seigneur, car pour ne point T’avoir aimé et connu, Ta Miséricorde m’a quitté ! Aussi je ne peux souffrir ainsi sans mourir. »
De l’ignorance de l’ordre divin naît l’incapacité à L’aimer. Place est faite alors pour les ténèbres et le chaos. Aspirer à l’Amour pour Dieu et à l’Amour de Dieu prouve que nos cœurs contiennent de la pureté, cette étincelle divine inévitablement présente en toutes choses.
Conséquence d’un manque essentiel et nettoyeur d’impuretés, nous comprenons ainsi le rôle de la souffrance, pourquoi l’égo-ïsme est le mal qui voile l’Or du cœur, et qu’associé à l’ignorance du Divin, tous deux ne sont que faux bergers conduisant aux ténèbres et au carrefour de tous les périls pour l’âme.
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« Quand le Ciel veut sauver un homme, il lui envoie l’amour. »
Lao-Tseu
Amarré, j’entreprends l’ascension, chaînon après chaînon, lutte après lutte, mû par le souffle de ton aspiration jusqu’à cette lueur que j’entrevois, cime que les brumes n’atteignent pas.
En cet instant même, mon âme entre en contact avec toi. Je le sens, car tout mon corps s’emplit d’une douce chaleur aux parfums de renaissance, comme un mois de mai des Fruits de Sa Science.
Que puis-je te cacher, que pourrais-je t’épargner, que ne pourrais-je t’accorder, tandis que tu me re-connais, présent en ton essence ?
Que refuserais-tu de moi alors que j’entends notre Soi chanter, alors que je le vois danser ?
Que refuserais-je de toi, alors que tu es allongée à mes côtés en notre berceau d’innocence ?
Lorsque communient nos âmes, tu m’envahis au point qu’un nouvel univers se dépeint devant moi, univers d’Amour, qui jaillit en fontaine, tel une Kundalini de Joies embrassant de ses spires l’axe de notre Soi.
Ici, nous sommes justifiés.
Là, nous justifions toutes choses.
Ici, nous sommes irradiés d’un Amour qui ne nous appartient pas.
Là, nous irradions d’amour tout ce qui ne nous dépeint pas.
Ici, en ce Lieu principiel, s’opère la Fusion !
Là, en ce lieu de l’Amour Unitaire, l’amour devient fusionnel.
Ici, naît le Couple Primordial !
Dieu projette à travers l’amour qui unit deux êtres un (de Ses) visage particulier de l’infinité (de Visages) qu’Il contient, de la même façon l’Amour Universel peut être perçu comme une synthèse de l’indéfinité des formes extériorisées de Son Amour ainsi manifesté par le Corps Universel, tel un reflet instantané et permanent de Son Visage
Tout est Signe ! C’est à l’aveuglement spirituel que nous devons de l’ignorer.
Ne soyons pas comme ces aveugles qui cherchent à prouver que la Lumière n’existe pas. (Cf. R. Guénon).
Mercure
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